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Cercle d'Histoire de Servon

DECOUVREZ LA MEMOIRE DU VILLAGE

Extraits : A Constantine, le médecin est amer : «la guerre ! Pourquoi n’en relate-t-on pas les calamités pour que les peuples sachent combien elles sont désastreuses ; mais tous ne les décrivent que pour glorifier les batailles et le vainqueur ; même le vaincu trouve un fait de courage pour oublier la défaite»…

Le lion de l’atlas (légende arabe) : « quand un homme seul croise le «seigneur à grosse tête », s’il est courageux il doit lui parler : « ah c’est toi sidi Johan, je ne te crains pas, je suis untel, aussi noble et brave que toi ...»

Le marché : « dès le lever du soleil on voit arriver de tous côtés Arabes et Kabyles venant s’accroupir pour vendre denrées et produits artisanaux .. .après les transactions, ils discutent des nouvelles, état des récoltes, actes de l’autorité, disputes entre tribus, rébellions … »

La fiancée : « Se promener en ville avec Clara : un parcours qui régale pour les mille objets des boutiques, la beauté des parcs et jardins, les senteurs de la  ville : café grillé, jasmin,  fleurs d’oranger, merguez cuisant sur les canouns»…


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Sommaire :

la parution de la biographie du général Jeanningros

le château de Villemenon et l'étonante madame Hélène Martini

le centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918


 

 le général Jeanningros, l'aventure d'un siècle


La France du 19e siècle, aux conceptions différentes des nôtres, a connu de nombreuses «guerres» et expéditions. Jeanningros, soldat engagé à 18 ans y participe et parvient 30 ans plus tard au grade de général. Parmi les épisodes, la mission confiée au capitaine Danjou au Mexique, qui voit le fait d’armes de Camerone, et le sauvetage de drapeaux à Metz  en 1870. Dans ses activités de retraite, les bataillons scolaires et la Société des Vétérans, oubliés. Le récit est enrichi de témoignages et précisions replaçant les faits dans leurs contextes.


Montée en grade en Algérie

Né en 1816 à Besançon, Pierre Jeanningros est fils d’un sous-officier de la Grande Armée de Napoléon, demi-solde en 1815, réintégré en 1830, envoyé en Algérie en 1832. ses états de service suivent la conquête du territoire et des épisodes connus ; il passe 18 ans chez les zouaves. Le récit décrit le pays, son évolution, la vie des soldats et des anecdotes et témoignages. Capitaine en 1847, Jeanningros fut commandé en Algérie par nombre d’officiers réputés de la Restauration et du Second Empire. 

images: alger la ville descendant vers la mer; constantine sur son rocher


de la chaleur au froid : en Crimée

En 1854 Jeanningros chef de bataillon rejoint l’expédition franco-anglaise de Crimée contre la Russie.  Au  siège  de Sébastopol, la vie des troupes est dure sous les rigueurs de l'hiver et tous souffrent, entre combats, tirs d'artillerie et attente. En septembre 1855 l’assaut de Mac Mahon sur la tour Malakoff réussit et les russes abandonnent la ville. La France et son empereur tireront de cette guerre un grand profit diplomatique en Europe.

Extraits :

« La Crimée,  à la latitude de la Provence, passe pour une contrée riante ou les nobles russes avaient des châteaux de plaisance ; mais au sud le plateau de Chersonèse est semi désertique,  constamment battu par un vent glacial… »

Le service de tranchée : « 24 heures de service, trempé en cas de pluie, raide de froid s’il gèle ; il fallait réparer les chemins défoncés, chercher les vivres, l’eau, le bois, les projectiles pour les batteries d’artillerie; travailler aux sapes, être de garde aux postes,  fabriquer des «gabions» pour amortir les balles et les éclats ; une fois par semaine on avait une nuit entière sous la tente»

Sébastopol ville martyre : «la canonnade tonne avec fureur : ce n’est plus l’air qui rafraichit la poitrine, c’est le feu et la fumée qui  la brûlent, ce n’est plus la rosée qui baigne la terre, c’est le sang ; cet espace rougeâtre était la ville en feu; ces globes de feu étaient des bombes et des fusées ; durant 3  jours et nuits Sébastopol se débattit dans l’agonie comme un aigle blessé » (extrait de Tostoï)


Une dramatique obéissance

En congé en 1856 en Algérie il veut se marier mais l’autorisation lui est refusée car la fiancée a des enfants, pourtant les siens, reconnus  mais hors mariage ; ce ne sont pas les premiers.  Revenu en France il épouse l’année suivante la nièce d’un compagnon d’armes ; il auront 6 enfants.


Jeanningros en Italie

Napoléon III aide les Italiens à réaliser leur unité politique, intervenant dans leur conflit avec l’Autriche. La campagne ( de mai à août 1859) est marquée par les batailles de Magenta et Solferino. ou j'eanningros n'est pas, quoique present dans l'armee d'italie. Les pertes énormes et les souffrances des soldats, surtout à Solferino, déclencheront la vocation du suisse Henry Dunant qui fondera la Croix Rouge Internationale à Genève  en 1864.


à g:  timbre émis pour les anniversaires de Solferino et de la création de la Croix Rouge à Genève en 1864, une convention entre 14 pays établissant l'idéee d'une neutralité medicale et humaniste, celle des services de santé

au milieu  : image conventionnelle de la bataille de Solferino : à cheval l'empereur français Napoléon III, au fond la celèbre tour de la ville (assiette Creil Montereau)

à droite : portrait de Henry Dunant

extrait de " un souvenir de Solferino» de H. Dunant publié en 1862  :«les routes, les ravins, les buissons, et fossés  sont parsemés de corps morts ; on rencontre des mares de sang ; les champs sont ravagés, les haies renversées, les vergers saccagés, le sol est jonché d’objets d’équipement ;  les malheureux blessés qu’on relève sont pâles, livides, anéantis…

Jeanningros à la Légion et au Mexique

En 1862, Jeanningros, colonel, revient en Algérie commander le Régiment étranger ; en 1863 ils sont envoyés au Mexique rejoindre l’expédition engagée par Napoléon III.  La tâche est la surveillance des convois, dont une mission pour la 3e compagnie confiée au capitaine Danjou et le fait d’armes de Camerone le 30 avril 1863.

Les combats continuent difficilement pendant 4 ans dans cet empire créé pour Maximilien d’Autriche. Jeanningros écrit de nombreuses lettres à sa femme, qui expriment les émotions du guerrier en pays hostile et beaucoup d’opinions négatives. En 1866  l’abandon du soutien français  et le retrait des troupes françaises entrainent la chute de Maximilien qui sera exécuté. Cette campagne peu justifiée est un échec.  Mais Jeanningros reste honoré par la Légion qui fait de Camerone sa fête  principale.


extraits de texte :

Des plans grandioses : « L’empereur français pensait que la France avait tout à gagner à aider ce pays et y conserver une influence : faire un contrepoids politique aux Etats-Unis et miser sur son développement ; le Mexique était riche en ressources minières et vastes espaces cultivables… 

« L’ennemi est partout, fluide et composé de cavaliers, braves et déterminés, qui ont l’avantage du nombre et une meilleure résistance aux maladies, ce qui manque terriblement aux français. Il y a aussi des troupes de guérilleros, parfois alliés aux troupes mexicaines, parfois œuvrant pour eux-mêmes. »


Lettres à son épouse : « sans cesse sur mon cheval je rêve de ma femme, mon Hortense, ma Marie et ma mignonnette Jeanne ;  je vous vois, je cause avec vous » «nous n’avons rien dans ce pays qui vaille la France ; convenances, mœurs,  savoir vivre, la société est différente ; aucun officier n’est marié avec une mexicaine, les épouseurs, en grand nombre dans l’armée, ne désirent point contracter alliance avec des personnes si peu faites à nos usages »

« Mes cheveux blanchissent, les fatigues que moi et mes troupes éprouvons sont pénibles et je ne trouve point comme les rossards qui en fait de feu au Mexique n'ont vu que celui de la cuisine, que ce pays est beau et qu'on peut s'y amuser »

« Si j’étais venu au monde avec 25 ou 50 mille livres de rente, je serais près de ma femme et mes enfants ; hélas tout le monde n’est point dans l’obligation d’exposer son existence pour avoir le nécessaire pour sa famille »

Images :en haut  à g : un convoi de lourds chariots avançant difficilement sur les pistes de montagne

à dr: imagerie de l'épisode de Camerone: le dernier assaut

en bas à g : l'empereur Maximilien de Habsbourg

à dr: vue d'époque de la ville de Mexico construite entre des collines sur un ancien lac asséché



 à g : mariage refusé en Algérie mais enfant reconnu : Charles, émigré en Argentine, y a toujours des  descendants

à dr : Joseph, frère du général, sera sous- préfet à Mascara

La guerre de  1870-71

Jeanningros, devenu général de brigade dans la Garde Impériale, est engagé contre la Prusse autour de Metz  aux combats de Borny, Gravelotte et Saint Privas puis ils sont repliés dans la ville assiégée. L’autre armée, avec Mac Mahon, est battue à  Sedan et l'empereur   est capturé ; puis la République est proclamée.  A Metz l’armée du Rhin voit s’épuiser les vivres et l’impensable se produit le 28 octobre : Bazaine capitule et livre la place. La remise des drapeaux à l’ennemi est un traumatisme national- mais quelques unités les ont détruits à temps, dont la brigade Jeanningros, ce qui lui vaudra un prestige immense.  Il sera prisonnier 6 mois en Allemagne.  La guerre se poursuit avec  le siège et la chute de Paris puis la défaite et la perte de l'alsace etla moselle


La retraite, la gloire, l’oubli.

Le général en retraite à Servon devient en 1882 inspecteur des «bataillons scolaires » qui doivent donner aux écoliers des notions de sport, discipline, manœuvre et tir, pour préparer la  revanche et la reprise des provinces de l’est. Chants et défilés ravissent les foules mais le mouvement s’essouffle et cesse après dix ans.

Jeanningros sera président d’honneur de la «Société Nationale des Vétérans des armées de terre et mer», caisse de retraite volontaire et mouvement patriotique puissant fondé en 1893 qui entretient le souvenir par des meetings et banquets et publie la revue «le Vétéran».

Il décède en 1902 et repose à Servon. Une statue est inaugurée en 1909 à Besançon lors de fêtes grandioses. Son nom sera longtemps dans le «Larousse ». Puis c’est l’oubli, et d’autres guerres. La statue est fondue en 1942 sous l’occupation allemande.


Le souvenir et la  fidélité

L’ancien légionnaire Michel Cerrachio découvre la maison et la tombe à Servon. L’AALE  finance en 1986 la pose d’une plaque commémorative sur la maison et la commune baptise la rue du nom du général : une belle cérémonie avec la venue du drapeau du 1er Régiment Etranger.

Parfois des cérémonies de la Légion ont lieu sur la tombe ; le centenaire de son décès est fêté,  puis pour le bicentenaire de sa naissance est publiée sa biographie,  aventure humaine et fresque historique de son siècle


à g : colonel Péan, au sein de la Garde, découpe son drapeau et le distribue

à droite :   metz, l'esplanade pendant le siège 

le chateau de Villemenon à Servon

 Villemenon existe comme terre et fief depuis le 13e  siècle, avec un premier château médiéval et un grand parc traversé  par le Réveillon ;  Louis  XIII y fut reçu à déjeuner -  il changea souvent de propriétaire, les droits seigneriaux de l’ancien régime suivant la propriété.  Au 17e S, François de Verthamon  fut mécène pour l’église mais se querella fort avec le comte de Lyonne ( l'autre seigneurie) et l’archevêque de Paris ;  on note comme péripéties l’effacement des titres de seigneur sur des pierres tombales  - regravées ensuite, et une histoire de sépulture d’enfant refusée avec bagarre dans l’église.. au final Verthamon perdit ses procès.  Plus tard, saisi comme « bien national » et vendu à la Révolution, l’ancien  château fut démoli vers 1840. L’actuel  est construit vers 1860 dans le style renaissance ; dans le salon des vitraux retracent l’ histoire  du fief. sa dernière propriétaire etait madame Hélène Martini, décédée en 2017 sans héritier ; le château, possédé par une SCI dont on ne connait plus les porteurs de parts ( une fondation animalière, ou un fonds suisse ? ) sera sans doute vendu, ainsi que son étonnant mobilier créé par le décorateur et joailler Erté : meubles incrustés de coquillages, ou faits de nacre ou corne. Avis aux amateurs !!

l'étonnante madame Martini

Née en 1924 en Pologne, de parents français et russe, Helène de Creyssac émigre à Paris après la  guerre. En 1945, elle est mannequin aux Folies Bergère. Elle rencontre et épouse en 1955  Nachat Martini, d’origine syrienne ; ils investissent dans des cabarets à Pigalle et achètent Villemenon. Après la mort en 1960 de Nachat d’une crise cardiaque à Servon, Helène consolidera son empire en acquérant d’autres lieux de spectacle parisiens – Bouffes parisiens, Mogador, Comédie de Paris, Folies Bergère, Raspoutine et autres cabarets. Elle est surnommée la « reine de la nuit parisienne ». Après plusieurs décennies elle revend les établissements et leurs matériels et costumes.

Le château de Villemenon et son appartement parisien sont dotés d’un mobilier très particulier :  Décédée à 93 ans, sans enfant, elle aurait légué ses biens à une fondation animalière (information non confirmée) ; aussi la vente est probable…

l’entrée du château, décorée différemment, est visible dans le film «  Monsieur » avec Jean Gabin.